De la fin du XVIIIème siècle à aujourd'hui, l'exposition d'un herbier de Jean-Jacques Rousseau ne va pas de soi.
Si l’œuvre textuelle du philosophe circule largement, des propriétaires privés conservent jalousement ses collections de plantes, véritables reliques qui appartiennent à la sphère intime et qu'on montre seulement à quelques privilégiés.
Tandis que ces herbiers entrent progressivement dans des institutions publiques, d'autres questions se posent auxquelles les conservateurs apportent des réponses contrastées.
Un herbier de Rousseau relève-t-il du patrimoine scientifique et intéresse-t-il d'abord les botanistes? Constitue-t-il plutôt une archive littéraire, un document qui entre en résonance avec les écrits pédagogiques et autobiographiques de l'auteur? Plutôt qu'un document, constitue-t-il une œuvre d'art à conserver dans un écrin, voire à encadrer dans un musée?
De tels arbitrages déterminent les conditions d'exposition et de conservation des collections de Rousseau, et le regard que posent sur eux les spectateurs et spectatrices
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