Photographie d'une infloresence seue de Aster amellus, semblable à une marguerite plus fine lilas et à l'arrière plan des rochers et de la verdure flous

Aster amelle

Aster amellus L.

Avec ses capitules bleu lilas qui s'épanouissent à la fin de l'été, l'aster amelle apporte une touche de couleur aux prairies maigres. Cette plante herbacée vivace, indigène en Suisse, pousse dans les milieux ouverts et ensoleillés d'une grande partie de l'Europe jusqu'à la Sibérie occidentale et au Caucase. Elle est aujourd'hui menacée dans plusieurs régions et fait partie des plantes sauvages protégées dans le canton de Genève.

Une Asteraceae des milieux secs

Photographie d'une tige d'aster amelle avec 6 inflorescence ressemblant à des marguerite, plus fine et de couleur lila

Aster amellus aux rocailles

Aster amellus appartient à la famille des Asteraceae, l’une des plus grandes familles de plantes à fleurs. Comme chez les autres espèces de cette famille, ce que nous appelons communément une «fleur» est en réalité une inflorescence composée appelée capitule, constitué de nombreuses petites fleurs réunies sur un réceptacle. Chez Aster amellus, les fleurs du centre sont tubuleuses et jaunes, tandis que celles de la périphérie portent des ligules bleu lilas qui donnent au capitule son aspect bicolore typique. 

L’espèce est largement répartie en Europe, jusqu’au Caucase et à la Sibérie occidentale. En Suisse, elle pousse principalement dans les régions collinéennes et montagnardes, notamment dans les prés secs, les pinèdes claires et les chênaies pubescentes. Elle affectionne les milieux ouverts et bien éclairés. À Genève, cet aster à la particularité de se trouver généralement sur des sols lourds ou l’eau stagne en période de pluie mais qui subissent des sécheresses fortes et régulières en été.
 

Une floraison de fin d'été

Boule duveteuse d'Aster amellus, de coueur beige, à l'instar des pissenlit lorsque les graines sont en formation serrées avant la dispersion
Akènes

L’aster amelle est une plante herbacée vivace qui mesure généralement 20 à 60 cm de haut. Sa tige dressée se ramifie principalement dans son tiers supérieur et reste feuillée jusqu’aux inflorescences. Ses feuilles sont étroites, elliptiques à lancéolées ; les feuilles inférieures sont rétrécies en pétiole tandis que les supérieures sont sessiles. 

Les capitules jaunes et lilas, larges d’environ 2 à 3 cm, sont réunis en une grappe lâche au sommet des tiges. Après la floraison, chaque petite fleur fertile donne naissance à un akène muni d’une aigrette, une structure plumeuse qui facilite sa dispersion par le vent, appelée anémochorie ou météorochorie. La floraison intervient principalement en août et septembre. 
 

Le saviez-vous?
  • L’aster amelle est un hémicryptophyte vivace. Cela signifie que ses organes permettant de survivre à la mauvaise saison restent situés au niveau du sol. Durant l’hiver, la partie aérienne disparaît, tandis que les bourgeons qui permettront à la plante de repartir au printemps restent protégés à proximité de la surface du sol.

Une espèce type du genre "Aster"

Aster amellus est l’espèce type du genre Aster. Autrement dit, lorsque le genre Aster a été défini en botanique, c’est cette espèce qui a été désignée comme référence nomenclaturale pour le genre. Linné a publié le nom Aster amellus en 1753, dans Species Plantarum. Le genre Aster est lui aussi le genre type de sa famille : les Asteraceae.

Un nom étoilé

Gros plan sur une inflorescence d'aster amelle, semblable à une marguerite plus fine de couleur lilas

Inflorescence d'Aster amellus

Le nom Aster vient du grec ancien astḗr, qui signifie «étoile». Il fait référence à la forme rayonnante des capitules, dont les fleurs périphériques s’étendent autour du centre comme les branches d’une étoile. Le nom Aster était déjà utilisé dans l’Antiquité pour désigner différentes plantes à fleurs radiées. 

L’épithète amellus a une histoire plus ancienne encore. Virgile mentionne dans les Géorgiques une plante appelée amellus. Il ne s’agit toutefois pas d’une identification botanique certaine : la plante décrite par le poète latin ne peut pas être identifiée avec certitude à l’espèce que nous appelons aujourd’hui Aster amellus. Linné a néanmoins repris ce nom ancien lorsqu’il a décrit l’espèce en 1753. 

Le saviez-vous?
  • Aster amellus est également appelée «Marguerite de la Saint-Michel» ou en anglais «European Michaelmas daisy», en référence à la fête de la Saint-Michel, célébrée le 29 septembre, une période qui correspond à la floraison tardive de nombreux asters. 

Une plante aussi appréciée des jardins

Aster amellus est cultivé comme plante vivace ornementale, notamment pour sa floraison de fin d’été et ses couleurs particulières.

Plusieurs cultivars horticoles ont été sélectionnés. Parmi eux, Aster amellus «King George» est particulièrement connu : il forme une touffe d’environ 60 cm de haut et porte des capitules violet bleu à cœur jaune, pouvant atteindre environ 5 cm de diamètre. Il apprécie les situations ensoleillées et les sols bien drainés. 

Le développement horticole des asters mérite toutefois une petite précision : le nom commun «aster» désigne aujourd’hui un ensemble beaucoup plus large de plantes. Plusieurs espèces autrefois placées dans le genre Aster ont été transférées dans d’autres genres, notamment Symphyotrichum, Eurybia ou Kalimeris. 

Une plante qui raconte l'histoire de la flore genevoise

Photographie d'aster amelle dasn un champs à la végétation haute

Aster amellus (Aire-la-Ville)

|© DC

Aster amellus fait partie de la flore genevoise documentée depuis le XIXe siècle. Le Catalogue des plantes vasculaires qui croissent naturellement aux environs de Genève, publié en 1832, la signale dans plusieurs secteurs : les collines pierreuses de Sous-Terre, les bois des Frères et de la Bâtie, ainsi qu’au pied du Salève et du Jura, avec une floraison indiquée en août-septembre.

Si Aster amellus est encore présent dans le canton, sa situation reste fragile. La Liste rouge des plantes vasculaires du canton de Genève, publiée en 2019, le classe parmi les espèces vulnérables (VU). Ce statut est resté inchangé depuis l’évaluation précédente de 2006. À l’échelle suisse, l’espèce est considérée comme potentiellement menacée (NT), avec une situation plus préoccupante dans plusieurs régions, notamment sur le Plateau et dans les Alpes.

À Genève, Aster amellus bénéficie par ailleurs d’une protection totale depuis 2007. Nous conservons d’ailleurs ses graines dans notre banque de semences. Mais sa conservation ne repose pas uniquement sur son statut légal : elle dépend aussi du maintien des milieux dans lesquels il pousse. 

Comme elle fleurit tardivement et ne fructifie qu’à l’automne, une fauche trop précoce peut interrompre son cycle de vie. Une gestion adaptée, avec une fauche suffisamment tardive, est donc essentielle pour permettre aux populations de se maintenir.

Fiche d'identité

  • Règne Plantae
  • Classe Magnoliopsida
  • Ordre Asterales
  • Famille Asteraceae
  • Genre Aster
  • Espèce Aster amellus
  • Type plante herbacée vivace, hémicryptophyte
  • Taille 20–60 cm
  • Feuilles étroitement elliptiques à lancéolées, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles
  • Inflorescences capitules de 2–3 cm, réunis en grappe lâche
  • Fleurs roses, réunies en grappes pendantes
  • Fruits akènes de 2–3 mm munis d'une aigrette d'environ 5 mm
  • Dispersion des graines anémochorie ou météorochorie (vent)
  • Répartition Europe, Caucase et Sibérie occidentale
  • Habitat prés et pelouses secs, pinèdes claires, prairies à molinie, chênaies pubescentes
  • Floraison au Jardin Botanique août - septembre
  • Lieu rocailles - plantes menacées
  • Dans notre banque de semences oui - 8 lots pour 24'159 graines
  • Conditions test de germination 25°C /16 heures de lumière
  • Statut UICN Suisse: potentiellement menacée (NT)
    Genève: vulnérable (VU)
  • Statut de protection à Genève totale depuis 2007