Une reconnaissance pour notre banque de semences
Notre banque de semences occupe une place importante dans le «Plan de conservation ex situ de la flore en Suisse», publié en septembre par la Confédération suisse.
Ce plan définit, pour la première fois, un cadre visant à renforcer la conservation ex situ des espèces végétales menacées, c’est-à-dire leur préservation en dehors de leur milieu naturel.
Le plan souligne notamment le rôle essentiel des banques de semences dans la conservation à long terme de la diversité végétale et reconnaît ainsi l’importance du travail mené par la nôtre depuis 25 ans.
Une reconnaissance qui arrive à point nommé, alors que nous célébrons cet anniversaire en octobre!
Les femmes qui façonnent notre histoire et celle de la botanique
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine et du matrimoine, deux visites ont mis en lumière des femmes qui ont contribué à l’histoire de notre institution et de la botanique.
Leurs parcours témoignent d’une présence féminine au Jardin Botanique de Genève remontant à 1897 avec des femmes travaillent comme préparatrices à l’herbier. La première trace écrite d’une femme exerçant comme «jardinière bénévole» remonte quant à elle à 1943. Parmi ces figures, la conservatrice Simone Vautier a joué un rôle central dans le développement de nos activités de médiation scientifique, contribuant à rapprocher la botanique, nos recherches et nos collections du public.
Aujourd’hui, de nombreuses femmes font vivre notre institution. Scientifiques, jardinières, techniciennes et préparatrices d’herbier, collaboratrices de l’administration, médiatrices scientifiques ou encore professionnelles de la communication: elles participent chaque jour à la recherche, à la conservation des collections, à l’entretien du jardin, à la transmission des connaissances et au rayonnement de notre institution.
Une nouvelle collaboration scientifique autour des Aracées
Charles Pouchon à Kew, devant un Amorphophallus titanum
Dans le cadre de notre projet de recherche consacré aux Amorphophallus, notre scientifique Charles Pouchon s’est rendu aux Jardins botaniques royaux de Kew à Londres. Il y a collecté des échantillons de 12 espèces d’Amorphophallus issues des collections vivantes de Kew, destinés à de futures analyses génétiques dans notre laboratoire.
Ce séjour a également été l’occasion de rencontrer l’équipe scientifique de Kew spécialisée dans la famille des Aracées (Araceae) ainsi que d’autres chercheuses et chercheurs associés. Intéressée par le nouveau kit de capture de gènes spécifiques aux Alismatales développé par Charles – l’un des ordres de plantes à fleurs les plus diversifiés au monde –, l’équipe souhaite l’utiliser dans un projet de recherche consacré aux Aracées africaines.
Le début d’une belle collaboration scientifique!
Sur les traces de la flore des Grisons
Dans le cadre d’un projet consacré à l’analyse de la diversité phylogénétique de la flore suisse, nos scientifiques Mathieu Perret et Camille Christe se sont rendus dans les Grisons, accompagnés de Philippe Juillerat d’InfoFlora et de Marie-Laure de la Harpe de l’Office de la nature et de l’environnement du canton des Grisons.
Cette mission de terrain a permis de collecter des échantillons de quelque 45 espèces destinés à de futures analyses génétiques dans notre laboratoire.
Parmi elles, la très rare Lomatogonium carinthiacum, trouvée dans la région du Val d’Anvers après d’intenses recherches. Menacée en Suisse, cette espèce fait l’objet d’un plan d’action pour sa conservation dans les Grisons.
Échanges avec le Jardin Botanique d’Édimbourg
Pendant deux semaines, une jardinière et un jardinier du Jardin Botanique d’Édimbourg ont rejoint nos équipes pour découvrir, durant la première semaine, nos collections vivantes et pratiques d’entretien du jardin selon les principes de l’agriculture biologique. L’occasion de partager nos savoir-faire et pratiques horticoles et d’échanger autour de nos collections vivantes respectives.
Place au terrain durant la deuxième semaine: nos collègues écossais ont accompagné nos jardinières et jardiniers en Valais pour participer à la récolte de graines destinées à notre catalogue de graines 2027, l’Index Seminum. Chaque année, ce catalogue permet d’échanger avec d’autres jardins botaniques des graines récoltées dans la nature ou issues de nos collections vivantes, contribuant ainsi à la circulation de matériel végétal pour la recherche et la conservation.
Une expérience qui illustre tout l’intérêt de ces échanges entre jardins botaniques, où les savoir-faire circulent aussi bien que les graines!
Quels arbres pour les villes de demain?
Quels arbres planter dans les villes de demain face à l’augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses et des pressions exercées par les ravageurs et les agents pathogènes?
Notre dendrologue Pascal Martin a apporté son expertise lors d’un cycle de conférences organisé par la Fondation Braillard Architectes et consacré à l’avenir des arbres en milieu urbain.
Pour pouvoir anticiper les capacités d’adaptation des espèces, il faut, selon lui, regarder au-delà de leurs conditions de croissance actuelles et se pencher sur leur histoire évolutive, leur habitat, leur morphologie, leur longévité et leur tolérance au climat, aux sols et aux perturbations.
Une approche qui permet de mieux informer les choix d’arbres à planter pour des villes adaptées aux conditions climatiques futures.
Mieux connaître les champignons du genre Geastrum
Notre mycologue Juan Carlos Zamora a présenté ses travaux sur les champignons du genre Geastrum lors du 5e Congrès international eurasien de mycologie qui s’est tenu à Edirne, en Turquie. Il y a présenté un état des connaissances sur la systématique de ce genre, en abordant notamment l’apport des données moléculaires aux recherches récentes et les régions où de nouvelles espèces ont été décrites.
Son intervention a également mis en avant l’intérêt de la recherche collaborative et de la science participative pour mieux documenter la diversité de ces champignons et les défis qui restent à relever.
Un enjeu particulièrement important pour le genre Geastrum: sur les quelque 40 espèces actuellement connues en Europe, la plupart sont rares et associées à des habitats en déclin.
Mieux comprendre leur diversité et leurs relations évolutives constitue donc une étape essentielle pour documenter et contribuer à leur conservation.
Un nouveau travail de doctorat sur les Sapotaceae
Khalil Boughalmi vient de débuter son doctorat à l’Université de Genève sur les radiations évolutives des Sapotaceae de Madagascar. Il mène sa recherche au sein de notre institution dans le cadre de notre projet sur les Sapotaceae.
Son travail vise à:
- Comprendre les facteurs à l’origine de la diversification de plusieurs lignées de cette famille ayant radié indépendamment sur l’île et étudier le tempo et les modalités de cette diversification, ainsi que le rôle des facteurs écologiques, géographiques et génomiques.
- Comparer plusieurs radiations indépendantes afin d’identifier des mécanismes communs ou spécifiques dans l’évolution de la biodiversité végétale malgache.
Une première mission de terrain à Madagascar en novembre permettra de collecter de nouveaux spécimens d’herbier et du matériel végétal destiné aux futures analyses génomiques dans notre laboratoire.
De Genève au Bénin: partager l’expertise sur l’infrastructure écologique
Notre collègue Benjamin Guinaudeau, Coordinateur de la Task Force Biodiversité de la Ville de Genève, a participé à la 7e édition du Forum Evidence-Policy-Action d’ACED, consacré à la mobilisation des savoirs pour une prospérité inclusive en Afrique francophone.
Il y a notamment présenté le concept d’infrastructure écologique développée à différentes échelles du territoire genevois (Ville, canton et Grand Genève) ainsi que la Stratégie Municipale Biodiversité de la Ville de Genève.
Ces échanges ont suscité un vif intérêt au Bénin, avec la volonté d’explorer comment la méthodologie de l’infrastructure écologique pourrait être adaptée et mise en œuvre dans le contexte béninois.
Une belle occasion de partager notre expertise et de faire émerger de nouvelles collaborations autour de la biodiversité et de la planification territoriale.
À la découverte de quelques trésors de notre bibliothèque
À l’occasion du Colloque de l’Association Internationale de Bibliophilie, les participantes et participants ont découvert, le temps d’une matinée, quelques trésors de notre bibliothèque, de nos archives et de notre herbier.
Cette visite a notamment mis en avant la collaboration de notre fondateur Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841) avec les illustrateurs botaniques de l’époque, dont Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), Toussaint-François Node-Véran (1773-1852) et Jean-Christophe Heyland (1791-1866).