Début septembre, 15 étudiantes et étudiants en biologie et en sciences de l’environnement à l’Université de Genève ont passé cinq jours dans le Jura vaudois à étudier les bryophytes.
Durant ce cours sur la biodiversité et l’écologie des bryophytes donné par nos scientifiques Michelle Price et Christine Habashi ainsi que par notre médiatrice scientifique Maud Oïhénart – toutes trois spécialistes des bryophytes –, les étudiantes et étudiants ont développé leurs connaissances de ces organismes apparus sur Terre il y a environ 500 millions d’années.
«Ce cours universitaire permet de former les jeunes biologistes à la systématique, à la détermination des bryophytes ainsi qu’à leur étude sur le terrain» explique Michelle Price.
Observer, identifier, comprendre
Mousses, hépatiques et anthocérotes: les bryophytes sont partout, mais restent souvent méconnues. Elles jouent pourtant un rôle important dans de nombreux écosystèmes: régulation de l’équilibre hydrique, stabilisation des sols, ou encore création de micro-habitats pour de nombreux micro-organismes et invertébrés.
Pendant ce stage, les participantes et participants ont appris à mieux les reconnaître et à comprendre leur écologie. Au fil des excursions, elles et ils ont étudié plus de 30 espèces différentes ainsi que les milieux qui les abritent – forêts, alpages et tourbières – tout en apprenant à les distinguer et à les récolter.
Au laboratoire, les observations se sont poursuivies à l’aide de stéréoscopes pour les identifier en utilisant des clés de détermination et des guides.
«Cette alternance entre terrain et laboratoire est au cœur de l’apprentissage: elle permet d’étudier les caractéristiques d’une plante et de la relier à son environnement, développant ainsi une démarche d’observation indispensable aux biologistes» observe Michelle Price.
Apprendre sur le terrain et au contact des espèces
Pour les jeunes biologistes, être confronté directement aux espèces étudiées constitue une expérience complémentaire à l’enseignement théorique.
Observer une plante dans son habitat, comparer les espèces et comprendre les conditions dans lesquelles elles se développent sont autant de compétences qui s’acquièrent au contact du vivant.
«Ces moments de terrain sont aussi l’occasion de partager notre passion pour un groupe de plantes encore méconnu, une passion qui fait écho à l’enthousiasme et à l’engagement des étudiantes et étudiants tout au long de la semaine» remarque Christine Habashi.
De la connaissance à la transmission
Le cours ne s’est pas limité à l’acquisition de connaissances scientifiques. Avec notre médiatrice scientifique Maud Oïhénart, les étudiantes et étudiants ont en effet pu réfléchir à la manière de transmettre les connaissances acquises durant la semaine à différents publics.
Elles et ils ont ainsi conçu une activité de médiation scientifique autour des bryophytes. Un exercice qui demande de prendre un peu de recul sur les connaissances acquises: comment expliquer la diversité, l’écologie ou l’importance de ces organismes à une personne qui ne les connaît pas ou peu?
«Cette expérience enrichit la formation scientifique en développant une autre compétence essentielle: être capable de partager ses connaissances et de rendre la biodiversité compréhensible et accessible» souligne Maud Oïhénart.