Les trois jeunes Ginkgo biloba
En juillet 2023, nous avons reçu de l’association Green Legacy Hiroshima un lot de graines issues d’un Ginkgo biloba ayant survécu à la bombe atomique du 6 août 1945. Cet arbre a été le premier à refaire des feuilles moins d’un an après la catastrophe.
Dans la ville japonaise, plus de 160 arbres rescapés – appelés hibakujumoku (Hibaku: exposé à la bombe; jumoku: arbre) – de plus de 30 espèces différentes sont recensés dans un rayon de deux kilomètres autour de l’hypocentre. Officiellement enregistrés par la municipalité et identifiés par une plaque, ils sont entretenus depuis des décennies par les autorités, des scientifiques ainsi que par des citoyennes et citoyens.
Semées à Genève, ces graines ont donné naissance à trois jeunes Ginkgo biloba, aujourd’hui en croissance dans notre pépinière, sous l’œil attentif de nos jardiniers et jardinières.
«Il est très émouvant de penser que ces trois arbres sont issus d’un ginkgo qui a résisté à la bombe atomique. Véritable message d’espoir, ils nous rappellent à la fois la force du vivant et la nécessité de le préserver», souligne notre Jardinier en chef Nicolas Freyre.
Ginkgo biloba
Un réseau mondial de dissémination
L’initiative Green Legacy Hiroshima vise à préserver et diffuser à travers le monde les graines de ces arbres survivants. Elle alimente ainsi un réseau international de parcs urbains, jardins botaniques, écoles, universités et institutions, contribuant à transmettre un double message: mémoire des conséquences de la bombe nucléaire et résilience du vivant.
Retour au Japon
Ginkgo biloba, Hiroshima
En voyage privé au Japon, notre Jardinier chef Nicolas Freyre est allé voir le Ginkgo bilboa dont sont issues les graines que nous avons reçues. Il a également rencontré l’équipe de Green Legacy Hiroshima, hébergée par le bureau d’UNITAR à Hiroshima, un bel échange et partage autour de la préservation de ce patrimoine botanique.
«Ce fut un moment fort: voir cet arbre survivant et vieux de plus de 200 ans, et rencontrer les équipes avec lesquelles nous avons échangé par email » souligne Nicolas Freyre.
L’arbre des dinosaures
La famille des Ginkgoacées – à laquelle appartient le Ginkgo biloba et dont il est aujourd’hui l’unique représentant – est apparue il y a environ 270 millions d’années, ce qui en fait la plus ancienne lignée d’arbres connue. Les ginkgos ont ainsi coexisté avec les dinosaures, et cette origine très ancienne leur vaut le qualificatif de «fossile vivant».
L’espèce a frôlé l’extinction durant une période glaciaire et n’a subsisté que dans quelques régions de Chine. Aujourd’hui encore, elle demeure rare en nature et est classée « en danger d’extinction » selon les critères de la Liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) bien qu’elle soit largement cultivée comme arbre d’ornement à travers le monde.
Espèce dioïque, il existe des individus mâles et femelles: seuls ces derniers produisent des graines charnues à l’odeur forte, proche du beurre rance.
Les gingkos ont également l’incroyable propriété de vivre en symbiose avec une algue qui est déjà transmise dans la graine par le pied mère. Résistant à la pollution, aux maladies et aux contraintes des milieux urbains, le ginkgo traverse les siècles et les catastrophes. Très résistant à la pollution, aux maladies et aux conditions urbaines, sa remarquable longévité, avec une espérance de vie qui dépasse le millier d’années, et sa capacité à survivre dans des environnements extrêmes en font également un puissant symbole de résilience du vivant.
Au Jardin Botanique de Genève, nos visiteurs et visiteuses peuvent venir observer un groupe de trois beaux exemplaires adultes au cœur des jardins ethnobotaniques, un plus jeune dans l›arboretum des terres de Pregny et un plus âgé dans l’arboretum le long de l’avenue de la Paix.
Ginkgo biloba