Paysage de savane africaine avec de la végétation basse au premier plan et quelques palmiers qui s'élèvent au second plan
Réserve de Lamto (Côte d'Ivoire)

African Plant Database

Continent africain Flores / Floristique / Biogéographie Taxonomie / Systématique Biodiversité / Conservation

Un référentiel unique de la diversité botanique d’Afrique et de Madagascar

Les connaissances de la flore d’Afrique et de Madagascar sont extrêmement fragmentaires, dispersées et souvent anciennes. Pour répondre à cet enjeu, ce projet met à disposition de la communauté scientifique une base de données en ligne offrant un référentiel de nomenclature homogène et continuellement actualisé sur toutes les espèces de plantes à fleur, fougères et conifères connus d'Afrique et de Madagascar avec leurs données de distribution et d'écologie.

La diversité végétale du continent africain et de Madagascar est immense. De nombreuses études ont été menées par des centaines de botanistes au fil des siècles dans différentes régions afin de documenter, répertorier et améliorer nos connaissances dans ce domaine. 

Cependant, ces informations botaniques restent souvent très fragmentées, difficilement partageables et ne permettent pas d’obtenir une vision exhaustive de la répartition des espèces et de leur écologie. Ces données sont néanmoins cruciales pour les scientifiques et écologistes pour mettre en place des projets de conservation des espèces en danger.

L›African Plant Database, lancé en 2006, vient combler cette lacune et s’inscrit dans le prolongement de l’immense travail de recherche réalisé depuis plus de soixante ans à Genève sur la biologie, l’écologie et la distribution des plantes à fleurs d’Afrique tropicale, entamé par Adélaïde Stork et Jean-Pierre Lebrun et qui se poursuit en collaboration avec de nombreux instituts.
 

«L’African Plant Database permet de rassembler en un lieu unique la totalité des espèces végétales répertoriées en Afrique et à Madagascar. C’est un outil indispensable aux scientifiques pour évaluer les changements écologiques au fil du temps et réaliser des Flores, notamment pour les pays qui n’en possèdent pas encore, permettant ainsi de mieux identifier et protéger les espèces. »
 

Cyrille Chatelain, Conservateur

Floraison de Stachys aethiopica, une fleur rose claire en forme de corolle avec une trompe plongeante

Stachys aethiopica (Afrique du Sud)

Objectif

Floraison de Turnera occulata, grande fleur jaune ressemblant à un coquelicot avec de grandes feuilles vertes claires

Turnera occulata (Afrique du Sud)

Ce projet vise à élaborer et mettre à disposition de la communauté scientifique une base de données en ligne qui recense l’intégralité des espèces végétales africaines connues. Ce référentiel de noms scientifiques est enrichi par des informations sur la répartition géographique, les caractéristiques biologiques et les données écologiques des espèces. Sa valeur réside dans sa mise à jour quotidienne, fondée sur l’intégration de l’ensemble des nouvelles données publiées dans la littérature scientifique. 

Cette base de données donne ainsi une perspective complète et pertinente, avec des liens vers d’autres fournisseurs de données (photos, scan d’herbiers).

Elle offre aux scientifiques et spécialistes de la conservation un accès à des données fiables permettant d’informer leurs travaux de recherche et de conservation, qu’il s’agisse d’établir des listes de plantes menacées, de définir des mesures de protection ou encore d’analyser l’évolution de la répartition spatio-temporelle des espèces face au changement climatique et à la perte de la biodiversité.
 

Résultats et perspectives

Carte de l'Afrique avec des millions de points bleu foncé, turquoise, vert et jaune représentant la densité dess 1.9 millions d'observations enregistrées dans la base de données de l'APD
Densité: de faible (clair) à élevée (foncé) des 1,9 millions d'observations enregistrées

L’African Plant Database répertorie actuellement plus 250’000 noms correspondant à 65’000 espèces de plantes à fleurs, fougères et conifères et s’enrichit chaque année d’environ 200 espèces supplémentaires, correspondant à de nouvelles découvertes.

Au-delà de l’intégration de ces nouvelles espèces, plus de 1’000 révisions annuelles sont effectuées, portant sur l’enrichissement d’espèces déjà enregistrées, l’ajout de descriptions et de cartes de répartition, la correction d’erreurs, la vérification des données sources et la résolution des synonymes taxonomiques.

Ce vaste effort de maintenance et d’enrichissement représente un travail colossal réalisé par nos équipes et avec le soutien de l’ensemble de la communauté scientifique en Afrique et à Madagascar. 

L’African Plant Database a également servi de base à la rédaction de nouvelles flores comme la Flore illustrée du Tchad en 2019, du Burkina Faso et du Mali en 2025, ou pour la mise à jour de flores anciennes comme celle d’Algérie datant de 1963. 

Elle a permis de compléter la liste des arbres d’Afrique du Botanic Gardens Conservation International (BGCI) ou la liste d’espèces critiques de certaines familles pour la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). A court terme elle devrait alimenter la World Flora Online (WFO).

Fiche du projet

Lancement 
  • 2006
Familles concernées 
  • Toutes les familles
Pays  
  • Continent africain et Madagascar
Soutiens 
Équipe 
  • Cyrille Chatelain, Conservateur, responsable du projet de l’African Plant Database
  • Florian Mombrial, Adjoint scientifique
  • Thomas Stuber, Assistant scientifique
  • Laurent Kneubuhl, Informaticien de gestion.