Paysage désertique de l'Immidir avec des dune de sabes au loin et une plaine désertique avec quelques buissons vert au premier plan
Massif de l'Immidir (Algérie)

Eflora Maghreb

Maghreb Flores / Floristique / Biogéographie Taxonomie / Systématique Biodiversité / Conservation

Vers une flore numérique de référence du Maghreb

Région à la biodiversité exceptionnelle, le Maghreb demeure marqué par des connaissances botaniques inégales selon les territoires et les groups taxonomiques, compliquant ainsi l’identification, l’évaluation et la conservation des espèces. Ce projet vise à centraliser et à structurer l’ensemble des données existantes dans un outil collaboratif performant, permettant à la communauté scientifique d’enregistrer, d’enrichir, de consulter et de partager une flore numérique et actualisée de la région.

Région à la biodiversité exceptionnelle, le Maghreb demeure marqué par des connaissances botaniques inégales selon les territoires et les groups taxonomiques, compliquant ainsi l’identification, l’évaluation et la conservation des espèces. Ce projet vise à centraliser et à structurer l’ensemble des données existantes dans un outil collaboratif performant, permettant à la communauté scientifique d’enregistrer, d’enrichir, de consulter et de partager une flore numérique et actualisée de la région.

La richesse floristique du Maghreb s’explique par l’incroyable variété d’écosystèmes qui la caractérisent, allant des zones littorales atlantico-méditerranéennes aux massifs montagneux de l’Atlas ou du Hoggar – culminant respectivement à 4167 et à 2918 mètres –sans oublier les étendues arides du Sahara. Elle se caractérise par un taux d’endémisme élevé, avec de nombreuses espèces encore relativement peu connues et documentées, notamment en raison du caractère inaccessible de certaines zones naturelles.

Gros plan d'une fleur de Silene conoidea avec un bouton encore fermé à gauche et la petite fleur rose à 5 pétales à droite

Silene conoidea (région du Siroua, Maroc)

Si des flores plus récentes existent, comme c’est le cas pour le Maroc, d’autres pays comme la Tunisie et l’Algérie restent inexplorés depuis plus de soixante ans et ne disposent pas d’ouvrages récents de détermination. A cela s’ajoute une approche par pays qui ne permet pas d’avoir une vision exhaustive régionale.

Pour prétendre à la mise en place de stratégies de conservation des espèces à l’échelle de la région, particulièrement pour des zones telles que le pourtour méditerranéen sensible au changement climatique, une connaissance approfondie de la flore est nécessaire.

C’est précisément ce que vise le projet  eflora Maghreb qui s’inscrit dans la continuité d’un long travail collaboratif de recherche qui s’est soldé, en 2018, par la mise en ligne d’une première version électronique de la « Nouvelle flore d’Algérie », additionnée des plantes du Maroc et de Tunisie, soit un total de plus de 6’400 taxons. Cette nouvelle phase vise à approfondir et à partager ces connaissances.

«Avec cet outil dynamique, nous souhaitons regrouper, gérer et partager l’ensemble des connaissances botaniques pour la région du Maghreb. Ces informations sont cruciales pour la communauté scientifique afin d’identifier et évaluer l’écologie des espèces et ainsi mettre en place des stratégies pour les conserver.» 

 

Florian Mombrial, Adjoint scientifique

Vue d'un paysage désertique avec au second plan le Djebel Saghro au Maroc, une sorte de longue montagne en forme de cheminée et au premier plan de la végétation désertique couvrante
Djebel Saghro (Maroc)

Objectifs et méthodologie

Tribulus alatus petite fleur jeune sur une tige verte poussant en plein desert entourée de sable

Tribulus alatus (région du Hoggar, Algérie)

Le projet eflora Maghreb vise à développer une flore en ligne de l’ensemble des espèces connues de la région. Il présente sous forme de fiches-espèces des informations relatives à la nomenclature (noms acceptés et synonymes issus de l’African Plant Database), des illustrations (photographies de terrain, numérisations de planches d’herbier, dessins botaniques), des descriptions, ainsi que des cartes de distribution enrichies de coordonnées géographiques des récoltes réalisées. Le site intègre également des clés de détermination facilitant l’identification des espèces à partir de leur famille.

Ce travail s’appuie sur un outil de gestion des observations et des récoltes qui permet de consulter, vérifier, actualiser, compléter et enrichir les données botaniques collaborativement, aisément et en temps réel.

Une telle flore électronique constitue une ressource essentielle à l’élaboration des listes rouges régionales, outils clé pour les services chargés de la protection de la nature afin de définir et mettre en œuvre des stratégies de conservation des espèces menacées.

Le projet est construit en partenariat avec les principaux acteurs scientifiques et institutionnels de la région, favorisant ainsi l’échange de connaissances et de savoir-faire. Ces collaborations se concrétisent notamment par des formations sur les techniques de terrain (récolte, conditionnement, détermination et incorporation des échantillons dans les herbiers locaux), ainsi que sur les méthodes de conservation optimales des collections (techniques de montage, décontamination, congélation et, protection contre les ravageurs).

Résultats

Feuilles de journaux contenant des échantillons déposés sur un sol désertique avec une grosse pierre posée dessus pour empêcher qu'elles ne s'envolent
Séchage naturel des échantillons (Hoggar, Algérie)

À ce jour, eflora Maghreb met à disposition de la communauté scientifique près de 104’000 données géoréférencées correspondant à des spécimens d’herbier, représentant plus de 9’000 espèces. 

Ces données sont issues à la fois de nos collections telles que l’herbier Litardière (Genève) et celles d’institutions partenaires, notamment les herbiers de Montpellier, d’Alger, de Barcelone, de Paris et de la Reading University.

Depuis une dizaine d’années, les missions de terrain réalisées par nos scientifiques jouent un rôle majeur dans l’approfondissement des connaissances sur la flore maghrébine. 

Chaque année, ce sont ainsi entre 500 à 1’500 nouveaux échantillons collectés in situ qui viennent enrichir et actualiser cette base de données, et plus de 5’000 illustrations botaniques constituant un appui indispensable à la documentation et à l’identification des espèces.

Ces missions sur le terrain sont fondamentales, notamment dans des régions restées inexplorées depuis plus de soixante ans, car elles permettent d’affiner nos connaissances et notre compréhension de la distribution des espèces et de disposer de matériel récent, incontournable pour la réalisation des révisions taxonomiques.

Dans le cadre de ce projet et en collaboration avec nos nombreux partenaires, une analyse approfondie de la flore endémique et des aires protégées du Maroc a été réalisée et celle de Tunisie est en cours. Une mise à jour collaborative de la flore d’Algérie progresse parallèlement, au même titre qu’une carte biogéographique à l’échelle du Maghreb.

Fiche du projet

Lancement 
  • 2018
Familles concernées 
  • Flore maghrébine
Pays 
  • Tunisie
  • Maroc
  • Algérie
Partenaires 
  • Maroc: Adbdelmonaim Homrani Bakali (INRA, Maroc), Khadija Bakhy (Rabat), Claude Lemmel (Atlas Sahara), Tanji Abbes (Settat), Ouafae Benkhnigue (Kénitra), Soukayna Boudik
  • Algérie: Boumédiene Medjahdi (Tlemcen), Salima Benhouhou (Alger) Rebbas Khellaf (Université de M’Sila), Rachid Medour (Université Tizi Ouzou), Gérard de Belair (Annaba), Nabil Benghanem (Alger), Melilia Mesbah (Alger)
  • Tunisie: Ridha Mokni (Université Monastir), Zeineb Grahib (Université Tunis), Imtinen Ben Haj Jilani (Sousse)
  • France: Errol Vela (Université Montpellier), Frédéric Médail (Université Aix en Provence), Annie Garcin (Marseille), Roland Martin (Avignon), Marc Pignal(Les Herbonautes)
  • Espagne:  Neus Ibanez
  • Grande-Bretagne: S. Jury (Reading University)
Équipe
  • Cyrille Chatelain, Conservateur
  • Florian Mombrial, Adjoint scientifique
  • Laurent Kneubühl, Informaticien de gestion