Le genre Salix comprend environ 400 à 450 espèces et se compose d’arbres et d’arbustes principalement répartis dans l’hémisphère nord, en Eurasie et sur le continent nord-américain.
Les saules sont fréquemment des espèces pionnières. Grâce à leur production élevée de graines légères et dispersées par le vent, ils sont adaptés aux zones perturbées et à l’avant-front des glaciers, milieux en rapide évolution du fait des changements climatiques actuels.
Dans ces environnements en constante transformation, l’hybridation au sein du genre Salix est particulièrement répandue et peut constituer un avantage écologique.
Cependant, bien que certains cas de spéciation hybride aient été documentés, le rôle exact de l’hybridation dans l’émergence et l’établissement des lignées actuelles de saules alpins en Europe, demeure encore partiellement obscure, notamment à la suite des changements climatiques passés et récents tels que le recul des glaciers. Cette situation contribue à la complexité persistante de la systématique au sein du genre.
«Les saules m’ont toujours intrigué, tant par leur esthétique que par la complexité de leur identification. Ce projet nous permet de mieux distinguer les espèces, de préciser leur répartition et d’évaluer leur degré de menace, afin d’orienter plus efficacement les stratégies de conservation.»
Beat Bäumler, Adjoint scientifique
Salix phylicifolia (Norvège)
Objectifs
Salix Bicolor (Vosges, France)
Lancé en 2015 et bénéficiant depuis 2023 d’un financement de la Fondation Schmidheiny, ce projet vise à mieux comprendre la dynamique de l’hybridation dans l’évolution et la colonisation post-glaciaire de certains saules alpins en Europe. Pour ce faire, il se concentre sur un complexe de cinq espèces – Salix bicolor, S. hegetschweileri, S. myrsinifolia, S. phylicifolia et S. laggeri – qui présentent une longue histoire de croisements en Europe. Une délimitation taxonomique actualisée est obtenue en analysant une sélection de marqueurs moléculaires fiables et des critères morphologiques et écologiques.
Ces outils permettent d’améliorer l’identification de chacune de ces espèces, de documenter leur répartition et d’évaluer leur statut de menace en Suisse selon les critères de la Liste Rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), afin d’élaborer des recommandations pour leur conservation dans un contexte de changement climatique global.
Le projet contribue également, grâce aux nombreuses missions de terrain et aux récoltes effectuées, à enrichir et à mieux classer les spécimens d’herbier appartenant à ce genre, valorisant ainsi le patrimoine institutionnel.
Résultats
Salix laggeri (Grimsel, Berne)
Grâce aux nombreuses récoltes des cinq espèces réalisées sur le terrain – dans les Alpes, en Europe centrale et de l’Ouest ainsi qu’en Scandinavie – le séquençage de plus de 250 spécimens a pu être mené à bien. Les données génétiques obtenues sont en cours d’analyse en collaboration avec le Centre de calcul universitaire de l’Université de Genève (UNIGE).
Au total, 1’300 nouveaux échantillons d’herbier ont été classés et intégrés dans notre herbier, ce qui a abouti à une réorganisation partielle des spécimens déjà présents dans nos collections.
Les traitements taxonomiques et les descriptions morphologiques enrichies issus de ce projet permettent une identification plus fiable des cinq espèces de saules étudiées et seront ensuite intégrées dans la Checklist de la flore vasculaire de Suisse d’InfoFlora . Ils viendront également compléter la Flora Helvetica ainsi que la Flora Alpina. Les évaluations actualisées de leur degré de menace contribueront également à la mise à jour des listes rouges et au renforcement des stratégies de conservation pour ces espèces en Suisse et en Europe.
Fiche du projet
Lancement
- 2015
Espèces concernées
- Salix bicolor
- Salix hegetschweileri
- Salix myrsinifolia
- Salix phylicifolia
- Salix laggeri
Pays
- Suisse et pays limitrophes
Partenaire
- UNIGE: collaborations universitaires pour le séquençage et l’analyse numérique
Équipe
- Beat Bäumler, Adjoint scientifique
- Yamama Naciri, Conservatrice et professeure titulaire à l’Université de Genève
- Charles Pouchon, Adjoint scientifique.