Herbier
Notre herbier conserve plus de six millions d’échantillons provenant du monde entier, témoins précieux de la richesse végétale et fongique passée et présente. Ressource scientifique de référence internationale, il permet d’étudier, nommer et comprendre les espèces et leur évolution.
Une bibliothèque de la biodiversité
Notre herbier est une véritable bibliothèque de la biodiversité passée et présente avec plus de 6 millions d’échantillons de plantes à graines (angiospermes et gymnospermes), ptéridophytes, bryophytes, algues, champignons et myxomycètes classés par familles, genres et espèces. Parmi eux, de nombreux types – des échantillons de référence ayant servi à la description des espèces – qui font de cet herbier une référence globale.
Documenter et étudier l’incroyable diversité des plantes et des champignons
Constitué sur plus de deux siècles d’histoire botanique et en constante évolution, il comprend des spécimens datant de plus de 350 ans tout en s’enrichissant, chaque année, de nouveaux échantillons grâce aux récoltes de terrain de nos scientifiques, acquisitions, échanges avec d’autres institutions, dons et achats.
Au-delà de son aspect patrimonial, il constitue un outil scientifique majeur qui permet de décrire, nommer, identifier, classer et étudier le monde végétal et fongique ainsi que de comprendre l’évolution et l’état de conservation des organismes et écosystèmes terrestres. Des chercheurs et chercheuses du monde entier viennent chaque année y travailler et contribuent, par leurs travaux, à enrichir nos connaissances sur le monde végétal et fongique afin de le préserver.
«Face à l’érosion de la biodiversité, les collections d’herbiers sont essentielles pour décrire le vivant, étudier les relations génétiques entre les espèces ainsi que leur répartition géographique au cours du temps, autant de données nécessaires au développement de plans de conservation.»
Martin Callmander, Responsable des collections
Un patrimoine au service de la science
Chaque planche renferme des données cruciales sur la morphologie et l’anatomie d’une espèce, son nom, sa reproduction, sa répartition, son milieu et son habitat, et nous pouvons même en extraire l’ADN afin d’étudier les relations de parenté entre espèces et leurs processus évolutifs.
Elle nous offre aussi un instantané de ce qui poussait à un endroit précis à un moment donné – des indications précieuses qui, dans le contexte actuel de perte de la biodiversité et de changement climatique, nous permettent de suivre l’évolution de la répartition des plantes et des champignons au fil du temps dans une zone donnée et de mieux comprendre comment le climat de notre planète change et comment nous adapter.
Delesseria sanguinea
Bibliothèque scientifique
Patrimoine d’envergure internationale, notre bibliothèque rassemble l’intégralité du savoir botanique.
Depuis plus de deux siècles, notre bibliothèque conserve et met à disposition l’essentiel des publications scientifiques dans les domaines de la taxonomie végétale et la floristique, ainsi que des livres consacrés à la géographie des plantes et à l’histoire de la botanique.
Ses rayonnages abritent également de somptueuses éditions illustrées du XVe au XIXe siècle, témoins de l’alliance entre art et science.
«Notre bibliothèque réunit depuis plus de deux siècles l’essentiel du savoir botanique, offrant aux scientifiques un outil unique pour leurs recherches.»
Pierre Boillat, Bibliothécaire responsable
Flora Brasiliensis
Une référence incontournable
Considérée comme l’une des plus riches collections en botanique, elle constitue un centre de référence pour les scientifiques, les botanistes et les passionnées et passionnés de nature.
Archives
Nos archives conservent un ensemble patrimonial d’une valeur scientifique et historique exceptionnelle et témoignent de plus de deux siècles de recherche et d’histoire botanique.
Patrimoine unique, nos archives rassemblent plusieurs dizaines de milliers de pièces – manuscrits, correspondances, autographes, carnets de notes, dessins, mémorabilia (objets souvenirs de collection tels que lunettes, boîtes de récolte, boussoles, altimètres), livres annotés et documents iconographiques – qui retracent plus de deux siècles d’histoire botanique, à Genève comme à l’international.
«Nos archives permettent de retracer l’histoire de la botanique et d’aller à la rencontre de celles et ceux qui l’ont façonnée.»
Jean-Philippe Chassot, Archiviste
Des témoins de l’histoire de la botanique et de notre institution
Flore française, 1805
Parmi ces fonds figurent des documents exceptionnels, dont un herbier de Jean-Jacques Rousseau, des échanges épistoliers entre Carl von Linné et Carlo Allioni ou encore la remarquable série de dessins de la Flore des Dames de Genève. Chaque pièce est conservée dans des conditions optimales, à l’abri de la lumière, de la poussière et des nuisibles, dans des locaux à température et hygrométrie contrôlées.
Des fonds issus des collections personnelles de grands botanistes genevois ou suisses comme la famille de Candolle, Edmond Boissier, William Barbey ou Émile Burnat, à la correspondance entre des figures majeurs de la botanique aux XIXe et XXe siècles, nos archives constituent une ressource précieuse pour la recherche et un témoignage irremplaçable de l’évolution des sciences botaniques et de notre institution.
Banque de semences
Une infrastructure au service la biodiversité et de la préservation d’espèces menacées
Avec deux espèces végétales sur cinq menacées d’extinction à travers le monde, les banques de semences sont aujourd’hui plus essentielles que jamais pour constituer une sauvegarde des plantes en danger d’extinction.
En cas de besoin, cette collection ex situ – en dehors de son milieu naturel – peut en effet contribuer à rétablir des populations menacées dans leur habitat naturel en fournissant du matériel végétal pour des projets d’introduction, de réintroduction ou de renforcement, afin de les préserver pour les générations futures. Plus de 90 % des plantes à graines européennes sont « orthodoxes » et donc bien adaptées à ce mode de conservation.
«Véritable coffre-fort du vivant, notre banque de semences préserve aujourd’hui les graines des plantes menacées de Genève et de la Suisse et constitue ainsi un maillon stratégique pour maintenir leur patrimoine génétique et soutenir leur sauvegarde in situ.»
Andreas Ensslin, Conservateur
Préserver la flore menacée de Genève et de Suisse
Notre banque de semences vise à préserver, à terme, l’ensemble de la flore menacée de la Suisse y compris les CWR (Crop Wild Relatives) importantes – des espèces sauvages apparentées à des plantes cultivées et pouvant être des sources de gènes importants pour l’optimisation de nos pantes alimentaires.
Aujourd’hui, nous conservons près de 800 taxons à –20°C et 15 % d’humidité relative. Parmi eux, 65% des espèces menacées à Genève (178 sur 270) et 48 % des espèces menacées en Suisse (338 sur 700), dont des espèces considérées comme éteintes dans la nature (quatre dans le canton de Genève, une en Suisse, ainsi qu’une espèce considérée comme éteinte dans le monde). Des tests de germination réguliers permettent de contrôler la viabilité à long terme des semences stockées.
Des protocoles rigoureux
Chaque étape – récolte des graines, séchage, nettoyage, conditionnement, stockage, tests de germination et monitoring de la collection – suit des protocoles rigoureux garantissant une collecte qui ne met pas en danger les populations sauvages, la qualité et la viabilité des graines, leur représentativité génétique, leur traçabilité, ainsi que leur utilisation durable et adaptée à chaque contexte de conservation.
Un outil pour la conservation
Différents projets de conservation d’espèces menacées gravitent autour de notre banque de semences, qui constitue un outil crucial pour la conservation ex situ et in situ via des programmes de réintroductions d’espèces et de renforcement de populations en nature. Nos équipes participent également à des réseaux européens et internationaux de banques de semences.
Enfin, en collaboration avec la banque de semences de l’Université de Zurich, nous constituons la Banque Suisse de Semences Sauvages, un levier essentiel pour répondre aux engagements de la Convention sur la diversité biologique.
Pour aller plus loin
Banque d'ADN et de tissus
Une collection pour comprendre la diversité génétique des végétaux, l’origine de leur extraordinaire diversité, et quantifier la diversité génétique des populations d’espèces menacées afin d’améliorer leur conservation.
Notre banque d’ADN et de tissus (CJBG-DNA) stocke et préserve le matériel génétique de plantes et champignons, obtenus à partir d’échantillons d’herbier ou de collectes réalisées en nature dans le cadre de nos projets de recherche.
Elle abrite aujourd’hui plus de 4’000 extraits d’ADN, conservés à une température de -80 °C et plus de 6’000 échantillons de tissus séchés (feuilles), stockés à faible humidité sur gel de silice. Ce matériel couvre l’ensemble de la flore du canton de Genève, soit 40% de la flore suisse, ainsi que de nombreuses espèces tropicales d’Amérique, d’Afrique et de Madagascar.
«Notre banque d’ADN et de tissus constitue une ressource génétique précieuse pour nos scientifiques et les chercheurs et chercheuses d’autres institutions. Elle permet de développer de nouvelles connaissances sur l’origine de la diversité des plantes et des champignons, et ainsi mieux les préserver.»
Mathieu Perret, Conservateur
Un outil pour la recherche et la conservation
Les extractions d’ADN sont effectuées dans notre laboratoire de phylogénie et génétique moléculaire et nous permettent d’étudier la diversité des plantes et des champignons à partir de l’analyse de leurs caractéristiques génétiques et génomiques. Nos résultats contribuent ainsi à retracer l’histoire évolutive des plantes et des champignons (arbre du vivant), à améliorer leur classification et à quantifier la diversité génétique des populations d’espèces menacées afin d’améliorer leur conservation.
Flore suisse et hotspots mondiaux de biodiversité
Notre objectif pour les années à venir est de réunir une collection d’échantillons représentative de la diversité génétique des plantes de Suisse et de différents hotspots mondiaux de biodiversité dans lesquels nos scientifiques développent leurs recherches en collaboration avec des partenaires locaux et en accord avec la Convention sur la diversité biologique (CBD). La préservation de ce matériel sur le long terme permet une réutilisation de ces précieux échantillons pour de futurs études et facilite ainsi l’acquisition de nouvelles connaissances sur la taxonomie et l’évolution des plantes et des champignons.
Pour aller plus loin
Collections vivantes
Notre jardin réunit plus de 11’000 taxons appartenant à plus de 270 familles, dont un grand nombre sont rares et menacés. Leur gestion est orientée par une stratégie qui identifie 40 collections prioritaires et fixe un certain nombre d’orientations afin de préserver et valoriser ce patrimoine végétal unique.
11’000 taxons et 40 collections prioritaires
Notre jardin abrite plus de 11’000 taxons (espèces et sous-espèces), répartis en 40 collections prioritaires. Ce patrimoine vivant, ressource clé pour la recherche, la conservation, l’enseignement et la sensibilisation, rassemble depuis plus de deux siècles des plantes sauvages uniques appartenant à plus de 270 familles et dont un grand nombre sont rares et menacées.
28 hectares entièrement en bio
Fruit d’une attention quotidienne de nos jardinières et jardiniers qui mettent leur savoir et leur passion au service de ces espèces, leur culture sur 28 hectares sans l’utilisation de pesticides et fertilisants de synthèse recrée des écosystèmes variés faisant de notre jardin un véritable trésor de diversité botanique.
«Trente pourcent des taxons menacés de nos collections vivantes se retrouvent dans moins de dix jardins botaniques dans le monde, soulignant leur rareté et valeur exceptionnelle.»
Nicolas Freyre, Jardinier chef
Une réserve de la diversité botanique
Enrichie régulièrement par de nouvelles espèces, cette collection comprend des plantes alpines, palmiers, orchidées, plantes succulentes, et arbres séculaires. En les identifiant, étiquetant, interprétant et conservant, nous offrons à notre public une meilleure compréhension de leur importance scientifique et culturelle.
Notre stratégie des collections vivantes en oriente la gestion en fixant un cap pour les 10 prochaines années afin de préserver et valoriser ce patrimoine végétal unique face aux défis de la double crise climatique et de la biodiversité.