Les efforts de conservation d’espèces menacées se concentrent avant tout sur la protection des espèces dans leur habitat naturel (conservation in situ) via une protection des écosystèmes dans des réserves naturelles ou une gestion adaptée des milieux naturels.
La conservation ex situ vient en appui de la conservation in situ en permettant la sécurisation hors de leur milieu naturel d’espèces menacées. La sauvegarde à long terme de semences viables dans une banque de semences fait partie des « outils » pour la conservation ex situ.
La conservation ex situ n’est pas une fin en soi et a pour but ultime la conservation d’une espèce dans son habitat naturel. Nous la combinons donc avec des plans de soutien des espèces in situ, comme des mesures de (ré)introduction ou de renforcement de populations.
Un protocole stricte
Les semences pour la conservation ex situ sont prélevées en nature selon un protocole strict, puis conservées dans notre banque de semences. Pour une récolte de qualité, le moment de la maturation des graines est décisif : les semences collectées trop tôt sont souvent de moins bonne qualité et ont une longévité plus courte en banque de semences, tandis que celles collectées trop tard ne couvriront qu’une certaine partie de la variabilité génétique de la population, une partie d’entre elles ayant déjà été dispersées.
Après leur récolte, les graines sont nettoyées, pesées et comptées, puis déplacées dans une chambre sèche pour y être conditionnées (séchage jusqu’à une teneur en eau de 5% et stockage hermétique) et enfin transférées en chambre froide pour être congelées à -20°C.
Cultures de multiplication
Lorsque la récolte initiale est insuffisante et qu’une re-récolte en nature n’est pas possible, des cultures de multiplication sont menées dans notre jardin afin d’obtenir un nombre de graines plus élevé.
Du fait de leur écologie souvent très particulière, les espèces menacées cultivées ex situ nécessitent une expertise culturale très fine. Ces cultures se font donc sous la responsabilité de nos jardiniers et jardinières, en étroite collaboration avec l’équipe scientifique, le but étant d’obtenir des semences de qualité, essentielles aux opérations de (ré)introduction/renforcement et au maintien de la diversité génétique.