Un scientifique du Jardin Botanique de Genève tient dans ses mains le plus grand spécimen de la collection de champignons du Jardin Botanique de Genève

Champignons

Référence scientifique, notre collection témoigne de l’extraordinaire diversité fongique et constitue une ressource essentielle pour l’étude, la classification et la compréhension de ces organismes dont un grand nombre reste encore à décrire.

Les champignons

Spécimen de Morchella esculenta (L.) Pers. (morille jaune séchée) conservé dans l'herbier du Jardin Botanique de Genève

Morchella esculenta

Les champignons sont des organismes non-photosynthétiques qui se nourrissent en absorbant des matières organiques de leur environnement. 

Ils regroupent les basidiomycètes (champignons « charnus », rouilles, charbons), les ascomycètes lichénisés (lichens) et non lichénisés (truffes, morilles, quelques moisissures, levures), ainsi que d’autres groupes comme les champignons endomycorhiziens (gloméromycètes) ou certains champignons aquatiques (chytrides). Des organismes traditionnellement étudiés par les mycologues – comme les oomycètes – restent associés aux champignons bien qu’ils n’en fassent pas partie au sens strict.

Les champignons jouent un rôle écologique central dans le recyclage de la matière organique et établissent des symbioses avec de nombreux organismes (plantes, algues, animaux). Leur importance pour l’humain est considérable: alimentation (champignons comestibles, levures), médecine (pénicilline et autres antibiotiques), industrie (fermentations, biotechnologies).

La diversité fongique reste cependant largement méconnue. On estime de 2,2 à 3,8 millions le nombre total d’espèces, dont seulement 150’000 décrites à ce jour. La raison : un monde infiniment petit, caché dans les sols et souvent invisible à l’œil nu.

La collection

Boites contenant des spécimens de la collection de champignons du Jardin Botanique de Genève
Collection de champignons

Cette collection exceptionnelle compte environ 665’000 spécimens du monde entier – dont 14’760 types.

Elle comprend
  • 450’000 ascomycètes lichénisés: plus grande collection de Suisse, avec la plus vaste collection mondiale du genre Usnea
  • 130’000 ascomycètes non lichénisés: collections de Leopold Fuckel, reconnues mondialement pour leurs espèces d’intérêt économique, et celles d’Adrien Bolay, comprenant la plus importante collection européenne d’Erysiphales (mildiou)
  • 80’000 basidiomycètes: collections de Jules Favre et Robert Kühner, remarquables par leur richesse en types, notamment du Parc national suisse (Favre) et du genre Inocybe (Kühner)
  • 5’000 d’autres groupes (chytridiomycètes, oomycètes et autres).
Microbotryum pustulatum (DC.) R. Bauer & Oberw., chamnpignon de couleur rose qui parasite une feuille

Microbotryum pustulatum

Conservation

La plupart des spécimens sont conservés dans des capsules en papier. Les champignons charnus, après séchage, sont placés dans des boîtes en carton afin d’éviter tout écrasement. Quelques spécimens anciens sont montés sur des chemises cartonnées. Chaque spécimen est accompagné de données précises (origine, date, collecteur/collectrice). Notes originales et illustrations historiques accompagnent également certains lots. Ce savoir-faire assure la préservation à long terme de ce patrimoine scientifique.

La gestion et la nomenclature des champignons suivent des règles spécifiques : pour être valides, les nouveaux noms doivent obligatoirement obtenir un identifiant dans l’une des bases de données reconnues par le Comité de nomenclature des champignons : Mycobank , Index Fungorum ou Fungal Names.

Intérêt scientifique

La collection de champignons est une référence mondiale grâce à ses nombreux types.

Elle est utilisée pour
  • Des recherches fondamentales en taxonomie et systématique
  • La résolution de complexes taxonomiques et la description de nouvelles espèces grâce à l’analyse morphologique et moléculaire
  • Des études sur l’évolution de champignons pathogènes d’intérêt agricole et alimentaire
  • Des travaux écologiques à partir de spécimens historiques.

Origine et enrichissement

Fondée par Augustin-Pyramus de Candolle, elle a été enrichie par de grands mycologues : Karl Wilhelm Gottlieb Leopold Fuckel, Johannes Müller-Argoviensis, Victor Fayod, Jules Favre, Eduard Frey, Marcel Josserand, Robert Kühner, Adrien Bolay, Philippe Clerc, et bien d’autres.

Elle continue de croître grâce aux recherches de terrain, échanges, dons et achats.